Un parfum à 25 CHF qui rappelle un parfum de luxe à 150 CHF. Une paire de chaussures qui reprend les codes d’un modèle très connu sans afficher son logo. Un sac qui ressemble énormément à celui d’une grande maison, mais vendu sous une autre marque. Ou encore un produit de beauté de grande distribution qui semble avoir été pensé pour évoquer un produit beaucoup plus cher.
Le phénomène des « dupes » explose en Suisse comme ailleurs. Sur TikTok, Instagram et YouTube, les vidéos comparatives se multiplient : « le dupe de… », « moins cher mais presque identique », « est-ce que ça vaut vraiment l’original ? ».
Mais derrière cette tendance se cache une question beaucoup plus complexe qu’une simple histoire de prix.
Table des matières
- Qu'est-ce qu'un « dupe » ?
- Dupe et contrefaçon en : ce n'est pas la même chose
- Le cas des parfums : l'exemple parfait
- Inspiration, copie et contrefaçon : trois notions à ne pas mélanger
- Pourquoi les dupes séduisent-ils autant ?
- Le vrai test : la seconde main
- Le plaisir d'économiser pour acheter quelque chose qui a vraiment de la valeur
- Le piège du « ce n'est que 20 francs »
- Et si le meilleur achat était parfois de ne rien acheter ?
- Alors, dupe ou contrefaçon ?
- Le vrai sujet n'est finalement pas le prix
- Et la santé dans tout ça ?
Qu’est-ce qu’un « dupe » ?
Le mot dupe vient de l’anglais duplicate. Dans le langage courant, il désigne un produit qui ressemble fortement à un autre produit, généralement plus cher ou plus connu.
Mais il faut immédiatement faire une distinction importante : « dupe » n’est pas une catégorie juridique suisse.
Ce n’est pas parce qu’un vendeur écrit « dupe » sur son site que le produit est légal. Et ce n’est pas parce qu’un produit est présenté comme une « inspiration » qu’il échappe automatiquement au droit des marques, des designs ou de la concurrence.
Dans son sens commercial, le dupe est plutôt une alternative : un produit qui cherche à proposer une expérience, une esthétique ou une fonctionnalité proche de celle d’un produit connu, sans prétendre être ce produit.
C’est particulièrement visible dans la parfumerie. Le consommateur ne cherche pas forcément à acheter « le faux parfum de telle marque ». Il peut simplement rechercher une odeur proche, mais beaucoup moins chère. C’est une différence fondamentale.
Dupe et contrefaçon en : ce n’est pas la même chose
Les dupes en Suisse
Le flacon porte une marque différente. Le nom est différent. Le logo est différent. L’emballage est différent. Le vendeur ne prétend pas que le produit est fabriqué par la grande marque. En revanche, le parfum peut avoir été conçu pour évoquer une fragrance connue.
On est alors dans le monde du produit inspiré, sous réserve évidemment qu’aucun autre droit ne soit violé.
La contrefaçon
Le flacon porte le logo de la grande marque. Le nom de la marque est reproduit. L’emballage cherche à faire croire qu’il s’agit du produit authentique. Le produit est vendu comme un original alors qu’il ne provient pas du titulaire de la marque. Là, on entre dans une toute autre situation.
En Suisse, les contrefaçons de marques et de designs sont interdites à l’importation, à l’exportation et au transit, y compris pour des marchandises destinées à un usage privé. Les autorités douanières peuvent les confisquer et les détruire.
Autrement dit :
Un parfum « inspiré de » Chanel n’est pas la même chose qu’un faux Chanel. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’un fabricant peut copier absolument tout le reste.
Le piège du « sans logo »
C’est probablement l’une des idées reçues les plus répandues.
On entend souvent :
« Il n’y a pas le logo, donc ce n’est pas une contrefaçon. » C’est beaucoup trop simpliste. Le logo n’est qu’un élément parmi d’autres.
Un design peut être protégé en Suisse. L’IPI explique qu’un design peut concerner l’apparence extérieure d’un produit, qu’il soit bidimensionnel ou tridimensionnel. Les titulaires de droits disposent alors de moyens pour empêcher notamment la fabrication, la mise en vente ou l’importation de produits qui portent atteinte à leur protection.
Imaginez par exemple un sac dont la forme particulière, les proportions, certains détails et l’apparence générale correspondent à un design protégé. Retirer le logo ne transforme donc pas automatiquement le produit en alternative légale. Il faut regarder ce qui est effectivement protégé et ce qui a été reproduit.
Un « dupe » peut donc devenir problématique
C’est probablement le point le plus important. Il ne faut pas penser :
dupe = légal
et
contrefaçon = produit avec logo.
Un produit peut être présenté comme un « dupe » sur TikTok ou Instagram et pourtant porter atteinte à un droit de propriété intellectuelle. Le gouvernement suisse rappelle d’ailleurs aux entreprises qu’avant de lancer un nouveau produit, il est important de vérifier qu’il ne constitue pas une contrefaçon d’un objet existant. Cette démarche de recherche des droits antérieurs fait partie de ce qu’on appelle la « liberté d’exploitation ».
Le problème ne se limite donc pas au faux logo.
Il peut concerner :
- la marque ;
- le nom ;
- le design ;
- certains éléments protégés ;
- la présentation du produit ;
ou encore la création d’une confusion avec un concurrent.
Le cas des parfums : l’exemple parfait
La parfumerie permet particulièrement bien de comprendre le phénomène. Une marque peut commercialiser une fragrance sous son propre nom et dans son propre flacon tout en cherchant à proposer une odeur qui rappelle un parfum célèbre.
Le consommateur peut ainsi acheter une fragrance qui lui évoque un parfum de luxe sans acheter le produit original. Le marché s’est même spécialisé dans cette logique : certaines entreprises parlent ouvertement de parfums « inspirés de » grandes références.
Le raisonnement du consommateur est alors assez simple :
« Je ne cherche pas forcément le flacon ou le logo. Je cherche l’expérience olfactive. »
Cela explique en partie le succès des dupes. Mais cette logique ne doit pas être transposée automatiquement à tous les produits. Une odeur, une silhouette générale ou une tendance ne sont pas nécessairement protégées de la même manière qu’un nom de marque ou qu’un design enregistré.
Inspiration, copie et contrefaçon : trois notions à ne pas mélanger
🟢 Le premier : l’inspiration
Une entreprise crée un sac minimaliste avec une chaîne dorée, une forme rectangulaire et une petite poignée. Ces caractéristiques correspondent à des tendances largement présentes dans la mode. Le sac possède sa propre marque et son propre design.
Le fait qu’un consommateur dise :
« Ça ressemble un peu à tel sac de luxe »
ne suffit pas à transformer automatiquement le produit en contrefaçon.
🟠 Le deuxième : la copie très proche
Le fabricant reprend une combinaison extrêmement particulière de formes, de proportions et de détails. Il change le logo mais reproduit l’apparence d’un produit existant presque à l’identique. Ici, il faut examiner les droits existants et la portée de leur protection.
🔴 Le troisième : le faux
Le fabricant reproduit le logo, le nom et l’emballage. Le vendeur utilise les photos officielles et présente le produit comme authentique. L’objectif est de faire croire au consommateur qu’il achète l’original. On n’est alors plus simplement dans « l’inspiration ».
Pourquoi les dupes séduisent-ils autant ?
Le succès du dupe repose sur une idée très simple :
les consommateurs veulent parfois l’esthétique ou l’expérience, mais pas nécessairement le prix.
Un parfum à 30 CHF peut sembler suffisamment proche d’un parfum à 150 CHF. Une paire de chaussures à 50 CHF peut permettre de retrouver une silhouette tendance. Un sac à 40 CHF peut donner l’impression de retrouver les codes visuels d’un modèle vendu plusieurs centaines de francs.
Et les réseaux sociaux amplifient énormément cette tendance. TikTok a transformé le consommateur en comparateur permanent.
On ne demande plus seulement :
« Quel parfum dois-je acheter ? »
On demande :
« Quel est le meilleur dupe de ce parfum ? »
Le produit original devient alors une référence plutôt qu’un achat obligatoire.
Le prix : un argument de vente ultime ?
C’est ici que le débat devient beaucoup plus intéressant. Parce qu’un produit à 25 CHF n’est évidemment pas nécessairement « sans valeur ». Il peut avoir une vraie valeur d’usage.
Si quelqu’un achète un parfum à 25 CHF et qu’il l’adore, ce parfum possède une valeur réelle pour cette personne.
La question est différente :
combien ce produit vaudra-t-il après son utilisation ?
Et surtout :
qu’est-ce qui compose réellement son prix ?
Le prix n’est pas la valeur
Prenons un parfum de luxe vendu 150 CHF et une alternative vendue 25 CHF.
Les 125 CHF de différence ne correspondent pas nécessairement à 125 CHF de matières premières supplémentaires.
Dans le prix de l’original, on paie aussi :
- la recherche et développement ;
- le design ;
- le flacon ;
- le packaging ;
- le marketing ;
- la publicité ;
- la distribution ;
- les boutiques ;
- les frais commerciaux ;
- la réputation ;
- l’histoire de la marque ;
- et une dimension symbolique.
Le consommateur ne paie donc pas uniquement « le produit ». Il paie aussi l’identité qui l’accompagne. Le dupe joue précisément sur cette distinction.
Il dit en quelque sorte :
« Tu n’as peut-être pas besoin de payer toute la dimension symbolique pour obtenir une expérience similaire. »
Et cela peut être parfaitement rationnel. Mais cela nous amène à une autre question. Que se passe-t-il lorsque l’objet n’est plus neuf ?
Le vrai test : la seconde main
C’est ici que le dupe devient particulièrement intéressant à analyser. Un produit de seconde main possède une valeur parce qu’une autre personne est prête à l’acheter après sa première vie.
La Suisse est justement en train de voir cette logique se généraliser : selon une étude publiée en août 2026 par La Poste Suisse et Ipsos, trois personnes sur quatre ont déjà acheté ou vendu un article d’occasion et le marché de la seconde main progresse rapidement.
Or tous les produits ne conservent pas la même valeur.
Imaginez deux objets.
Objet A : 40 CHF
Il est acheté, utilisé pendant un an, puis personne ne veut réellement le racheter.
Valeur de revente : presque zéro.
Objet B : 180 CHF
Il est acheté, entretenu, utilisé pendant plusieurs années puis revendu 100 CHF.
Le deuxième objet a coûté davantage au départ.
Mais après revente, son coût réel pour son premier propriétaire n’était plus que de 80 CHF.
Bien entendu, ce sont des exemples théoriques : une marque chère ne conserve pas automatiquement sa valeur et un produit bon marché peut parfaitement avoir un marché d’occasion.
Mais le principe est important :
Le prix d’achat n’est pas nécessairement le coût réel d’un produit sur toute sa durée de vie.
Le paradoxe du dupe
Pourquoi ?
Parce que sa valeur peut dépendre précisément de sa proximité avec un produit connu. Un sac « inspiré de » une grande marque peut être séduisant à 35 CHF. Mais deux ans plus tard, l’acheteur d’occasion ne recherche pas forcément « le sac qui ressemble à… ».
Il recherche une marque, un modèle, une matière, une qualité, un état, une histoire et parfois une preuve d’authenticité.
Le produit qui était séduisant parce qu’il imitait les codes d’une marque peut alors se retrouver sans véritable identité propre.
C’est le paradoxe du dupe : il peut être très attractif sur le marché du neuf et beaucoup moins intéressant sur celui de l’occasion. Et c’est là que la valeur change complètement
Un produit possède plusieurs formes de valeur.
Il y a sa valeur d’usage : ce qu’il apporte à celui qui l’utilise, sa valeur économique : ce que quelqu’un est prêt à payer pour l’acquérir, sa valeur symbolique : ce que représente la marque, le statut ou l’histoire du produit, et, enfin, sa valeur résiduelle : ce qu’il peut encore valoir après plusieurs années d’utilisation.
Ces valeurs ne sont pas forcément liées.
Un produit peut coûter 20 CHF et être extrêmement utile. Un autre peut coûter 500 CHF mais avoir une valeur de revente très faible. Et un troisième peut coûter 200 CHF mais être revendu 120 CHF plusieurs années plus tard.
La bonne affaire n’est donc pas nécessairement le prix le plus bas.
C’est parfois le produit qui offre le meilleur rapport entre : prix + qualité + durée d’utilisation + réparabilité + valeur résiduelle.
Peut-on revendre un dupe ?
Oui, si l’on parle réellement d’un dupe légal, avec sa propre identité et sans atteinte aux droits d’un tiers, le produit peut en principe entrer dans le marché de l’occasion comme n’importe quel autre bien.
Mais sa faible valeur de revente peut être un problème économique plutôt que juridique. En revanche, il faut être très clair concernant les contrefaçons.
Le SECO indique explicitement que si un consommateur a acheté une contrefaçon à l’étranger, il ne doit ni la renvoyer ni la revendre, au risque de se rendre coupable d’exportation de contrefaçon.
L’OFDF précise par ailleurs que le fait qu’un produit soit déjà utilisé ne change rien à l’interdiction d’importer une contrefaçon en Suisse. La seconde main ne transforme donc pas une contrefaçon en produit légal. Donner une seconde vie à un objet n’efface pas son problème juridique.
Le dupe peut-il donc être plus écologique ?
Un produit cher n’est pas automatiquement plus écologique. Un dupe peut parfaitement être durable, réparable et fabriqué correctement.
Mais un produit conçu pour être acheté très fréquemment, remplacé rapidement et difficilement revendable pose une question différente.
La vraie logique de l’économie circulaire n’est pas seulement : acheter moins cher. Elle consiste à maintenir les produits en circulation le plus longtemps possible. Un objet réellement intéressant pour la seconde main est un objet qui peut passer d’un propriétaire à un autre.
Achat → utilisation → revente → nouvelle utilisation.
Plus le produit conserve une valeur d’usage et une valeur économique après sa première vie, plus cette boucle peut fonctionner.
La valeur d’un produit se mesure aussi à sa deuxième vie
C’est probablement la question que les consommateurs devraient davantage se poser : « Est-ce que quelqu’un voudra encore de cet objet lorsque je n’en voudrai plus ? » Cette question change complètement la manière de regarder un produit. Avant d’acheter, on peut se demander :
- Est-ce que je vais réellement l’utiliser ?
- Combien de temps va-t-il durer ?
- Peut-il être réparé ?
- Est-ce une qualité qui vieillira bien ?
- Existe-t-il une demande en seconde main ?
- Pourrai-je le donner ou le revendre ?
- Sa valeur repose-t-elle uniquement sur une tendance passagère ?
Ce sont des questions beaucoup plus intéressantes que : « Est-ce que je peux avoir presque la même chose pour 20 CHF ? »
Le plaisir d’économiser pour acheter quelque chose qui a vraiment de la valeur
Il existe enfin une dimension dont on parle beaucoup moins dans le débat sur les dupes.
C’est le plaisir de ne pas acheter immédiatement. Dans une société où l’on peut commander presque instantanément un produit qui ressemble à celui que l’on vient de voir sur TikTok, attendre est devenu presque contre-intuitif.
Pourquoi économiser pendant trois mois pour acheter quelque chose à 300 CHF alors qu’une alternative à 35 CHF est disponible immédiatement ? Mais cette attente peut justement faire partie de la valeur.
Économiser pour quelque chose que l’on souhaite réellement, comparer les modèles, réfléchir à son utilisation, attendre d’avoir suffisamment d’argent puis finalement acheter la pièce que l’on voulait vraiment crée une relation différente avec l’objet.
Ce n’est pas nécessairement une question de luxe.
On peut économiser pour :
- une bonne paire de chaussures ;
- un appareil photo ;
- une montre ;
- ou simplement un objet que l’on sait que l’on utilisera énormément.
L’intérêt n’est pas de dire : « Il faut acheter cher. »
Mais plutôt :
« Est-ce que j’ai vraiment envie de cet objet, ou est-ce que son petit prix me donne simplement envie de l’acheter ? » La différence est énorme, et c’est sans doute sur cette question fondamentale que repose le vrai problème du business des dupes.
Le piège du « ce n’est que 20 francs »
C’est peut-être l’un des effets les plus intéressants des produits à bas prix. Un objet à 20 CHF semble presque insignifiant. Mais cinq achats à 20 CHF représentent déjà 100 CHF.
Et si ces cinq produits finissent rapidement au fond d’un placard, le consommateur n’a pas vraiment économisé 100 CHF. Il les a dépensés.
À l’inverse, acheter un seul produit à 100 CHF que l’on utilise pendant cinq ans et que l’on revend ensuite 40 CHF peut, dans certains cas, représenter une dépense réelle inférieure à cinq achats successifs de 20 CHF.
Encore une fois, cela ne signifie pas que les produits chers sont systématiquement meilleurs.
Cela signifie simplement que le prix unitaire ne suffit pas à mesurer le coût d’une consommation.
Et si le meilleur achat était parfois de ne rien acheter ?
C’est peut-être la conclusion la plus surprenante du phénomène des dupes.
Le choix ne se limite pas toujours à : original à 200 CHF contre dupe à 30 CHF.
Il existe une troisième possibilité : attendre.
Attendre, économiser et acheter plus tard ce que l’on souhaite vraiment. Ou chercher ce même produit authentique en seconde main. Ou encore trouver une alternative différente, mais de bonne qualité, qui ne cherche pas nécessairement à imiter une marque.
Le marché de l’occasion ouvre d’ailleurs une quatrième voie : acheter un produit authentique déjà utilisé plutôt qu’un produit neuf conçu comme imitation. On peut ainsi avoir accès à une pièce de qualité à un prix inférieur à celui du neuf tout en conservant potentiellement une valeur résiduelle.
C’est précisément ce qui rend la seconde main intéressante : elle permet parfois de réduire le prix d’accès sans supprimer complètement la valeur du produit.
Alors, dupe ou contrefaçon ?
La question peut finalement être résumée assez simplement.
Un dupe peut être :
- une alternative ;
- un produit inspiré d’une tendance ;
- une fragrance rappelant une autre fragrance ;
- un produit utilisant sa propre marque ;
- un produit avec sa propre identité.
Mais il doit respecter les droits des autres acteurs du marché.
Une contrefaçon :
- reproduit illicitement une marque, un design ou un autre droit protégé ;
- cherche souvent à profiter de la réputation du produit original ;
- peut tromper le consommateur ;
- ne devient pas légale parce qu’elle est présentée comme un « dupe » ;
- ne devient pas légale non plus parce qu’elle est revendue d’occasion.
Le vrai sujet n’est finalement pas le prix
Le débat sur les dupes est souvent présenté comme une opposition très simple :
150 CHF contre 25 CHF. Mais ce n’est pas vraiment le sujet. Le véritable sujet est : qu’est-ce que j’achète pour ces 25 CHF ?
- Une expérience ?
- Une qualité ?
- Une tendance ?
- Une imitation ?
- Une marque ?
- Une identité ?
- Une utilisation ponctuelle ?
- Ou un produit qui conservera suffisamment de valeur pour être transmis à quelqu’un d’autre ?
Mais il existe une différence fondamentale entre payer moins cher et acheter quelque chose qui conserve de la valeur.
Le consommateur qui achète un dupe peut avoir fait une excellente affaire s’il voulait simplement un produit fonctionnel, qu’il l’utilise longtemps et qu’il en est satisfait.
Mais il peut aussi avoir simplement acheté quelque chose de bon marché parce que l’achat était facile.
À l’inverse, économiser pendant plusieurs mois pour acheter une pièce que l’on désire réellement peut représenter davantage qu’une simple dépense : c’est parfois une manière de consommer moins, de choisir davantage et de donner plus de valeur aux objets que l’on possède.
Et c’est là que la seconde main apporte une perspective particulièrement intéressante.
La vraie valeur d’un produit ne se mesure peut-être pas uniquement à ce qu’il coûte lorsqu’on l’achète, mais aussi à ce qu’il peut encore valoir lorsqu’on décide de s’en séparer.
Et la santé dans tout ça ?
Il reste enfin une question que l’on oublie facilement lorsqu’on parle de dupes : qu’est-ce que contient réellement le produit ?
Pour un vêtement ou un sac, le risque sanitaire n’est évidemment pas le même que pour un parfum, un produit cosmétique, un bijou ou un produit destiné à être utilisé sur le corps.
Et c’est justement là que la différence entre dupe légal et contrefaçon devient particulièrement importante.
Un produit vendu légalement en Suisse ou dans l’Union européenne est soumis à des exigences qui concernent notamment sa composition, son étiquetage et sa sécurité, selon la catégorie de produit. Une entreprise qui commercialise son propre parfum ou son propre cosmétique doit donc respecter les règles applicables à cette catégorie.
À l’inverse, lorsqu’un produit est une contrefaçon ou provient d’un circuit totalement opaque, le consommateur peut avoir beaucoup plus de difficultés à savoir qui l’a fabriqué, avec quelles matières premières, dans quelles conditions et avec quels contrôles.
Un contact avec le corps humain qui peut être problématique ?
C’est particulièrement préoccupant pour les produits qui entrent directement en contact avec le corps.
Un faux parfum peut par exemple reproduire l’apparence d’un produit connu sans que son contenu soit identique à celui de l’original. Pour un cosmétique, un maquillage ou une crème, la question devient encore plus sensible : conservateurs, parfums, colorants, allergènes ou autres ingrédients peuvent différer de ceux attendus.
Cela ne signifie pas qu’un parfum « dupe » est dangereux simplement parce qu’il est moins cher.
Un dupe légal fabriqué par une entreprise identifiable n’est pas la même chose qu’une contrefaçon achetée sur un circuit douteux.
Une vérification attentive de l ‘origine des dupes
C’est justement pourquoi le prix ne devrait jamais être le seul critère. Avant d’utiliser un produit sur sa peau, il est utile de pouvoir identifier :
- le fabricant ou responsable de la mise sur le marché ;
- la composition lorsqu’elle doit être indiquée ;
- les précautions d’emploi ;
- les informations d’identification du produit ;
- et surtout l’origine réelle du produit.
- Le risque augmente lorsque toutes ces informations sont absentes, invérifiables ou manifestement copiées.
Pour les consommateurs, la règle est donc assez simple : un produit moins cher n’est pas forcément moins sûr, mais un produit dont l’origine et la composition sont impossibles à vérifier mérite une vraie prudence.
Et dans le cas d’une contrefaçon, le problème ne se limite plus au fait de payer pour un faux.
On peut aussi ne pas savoir exactement ce que l’on achète et ce que l’on applique sur son corps.
C’est probablement l’une des différences les plus importantes entre le « dupe » légal et le faux : derrière un produit légal, il doit y avoir une entreprise identifiable et des obligations réglementaires ; derrière une contrefaçon, la traçabilité peut tout simplement disparaître.
Économiser 100 CHF sur un parfum peut sembler intéressant. Économiser quelques francs sur sa santé ne l’est évidemment pas.
D’ailleurs, nous l’avons constater dans notre article sur la présence de cadmium sur des bijoux vendus sur des plateformes connues à bas prix mais représentant un risque réel pour la santé.

